Les Estivants
Jeudi 17 mars 2011 à 19H30
Vendredi 18 samedi et 19 mars 2011 à 20H30
Sartrouville
Les Estivants
De Maxime Gorki
adaptation et mise en scène Eric Lacascade
Comme chaque été, Bassov et sa femme Barbara retrouvent leur datcha et leurs amis. Mais les vacances paisibles sont troublées par l’arrivée de l’écrivain Chalimov. Entre confidences et coups de griffes ressurgissent les idéaux reniés, les amours muettes, les abandons et les déceptions, qui chamboulent ce petit monde tranquille. Dans le clair-obscur d’un monde nouveau apparaissent d’étranges chimères…Comédie à l’humour grinçant et au style direct, peu jouée dans notre pays, Les Estivants est la nouvelle création d’Eric Lacascade, apprécié pour ses puissantes mises en scène du théâtre russe. Un défi pour son choeur de quatorze acteurs fidèles qui travaille à inventer une autre manière de regarder le trouble des êtres, pour mieux questionner notre époque.
Après avoir mis en scène magistralement Tchekhov, Eric Lacascade a le sentiment, avec Gorki, de passer «d’un monde qui se regarde mourir à un monde qui se voit naître». Le nom de Gorki (1868-1936) reste attaché à l’engagement révolutionnaire. Un idéal imprègne son oeuvre : juger l’être humain «sans verdict comme sans charité parce qu’il confronte implicitement la qualité humaine que chacun porte en soi à ce qu’elle serait, épanouie, dans un monde autrement fait». Avec subtilité et acuité, il sonde les abîmes de la psychologie humaine, analyse les contradictions de ses personnages éperdus d’amour et rêvant d’une vie meilleure. Les Estivants alterne révélations bouleversantes, déclarations tremblantes et accusations violentes. «L’écriture de Gorki ne nous met pas en suspens par rapport au dénouement de la fiction, elle nous oblige au contraire à nous intéresser au déroulement des actions. Au présent de l’acte. Passé et futur viennent de surcroît. Ainsi Gorki est un formidable laboratoire d’analyse comportementale. Situations extrêmes, situations crises, situations crash. Evidemment. Et ces situations, il ne s’agit ni de les théoriser, ni de les commenter, ni de les imiter, il s’agit d’en être. Gorki ne produit pas un théâtre d’idées mais un théâtre matérialiste, où être est un processus d’adaptation aux circonstances de la vie, chacun devant composer entre son bonheur individuel et son désir d’appartenance à la communauté. Les personnages de Gorki ne sont là ni pour divertir, ni pour nous communiquer quoi que ce soit. Ils ne sont là ni pour nous être sympathiques, ni pour devenir nos héros ; juste ils sont là. Et il faut bien faire avec. En revanche, et c’est là où ils nous troublent, ils ont bien du mal à reconnaître et à tenir leur place et leur rôle. L’individu chez Gorki est une découverte permanente et non une donnée fixe et définitive. On aimerait tellement pouvoir s’identifier à des pers onnages de théâtre, on aurait tellement besoin de guides et de lumières, mais qui voudrait s’identifier à ces gens-là, qui voudrait s’identifier à soimême, et qui voudrait de soi comme guide ? Regardons-les oeuvrer dans ce clair-obscur, sans espoir de lendemains qui chantent, sans petites lumières scintillantes dans le lointain. Ces estivants-là tracent leur chemin dans la forêt, et les branches et la pluie fouettent douloureusement leurs visages. Et nous réconcilient avec ce que nous sommes.»
Eric Lacascade
Théâtre de Sartrouville
place Jacques-Brel
78505 Sartrouville
01 30 86 77 79
www.theatre-sartrouville.com


